La lettre
 |
La lettre |
Publications |
Zoom
Enseignement du lean chez PSA Peugeot Citroen, site de mulhouse, interview de Pascal
Bracq, Leader convergence (Lean PSA) du site.
Le 21 mai 2010 interviewvé par Ph. Moussalli.
Q : Pascal, d’abord as-tu quelques chiffres
significatifs sur la formation au lean chez PSA
Mulhouse ?
PB : 100% des ingénieurs et cadres 280, en
4jours, 100% des étam en 4 jours 800
personnes, 1780 Pro en 2010 en 2 jours en
complément de 5 jours de « savoir faire » en
2009, et 4000 opérateurs 5jours, qui va durer
2,5 ans. Cette formation s’est déroulée de
manière hiérarchique, les IC par l’équipe DIR
du centre, les étam par des binômes de chefs
de service, les pro par un couple RG, RU, les opérateurs par un binôme de RU.
Q : Pourquoi tout le monde doit il être formé ? et pourquoi cette formation en cascade ?
PB : La finalité du lean c’est de chasser la « non valeur ajoutée » et surtout au poste de travail.
C’est une formation hiérarchique car la démarche est portée par la hiérarchie. Si on veut
déployer, il faut se mettre en situation de pratiquer, et d’accompagner, ainsi que d’observer.
C’est bien le rôle de la hiérarchie qui devient ainsi crédible. C’est une démarche apprenante.
Apprendre en faisant.
Q : Que contient cette formation ?
PB : 8 modules ont été identifiés : Pourquoi changer, les standards et la vérification des
standards, le flux et le lissage avec le takt time, les améliorations de poste, les flux des petites
pièces, l’amélioration des équipement (TPM), la qualité, et le pilotage quotidien , les équipes
de progrès. Elle alterne théorie et exercices terrain avec une mixité / usines de départ des
participants, c’est comme une formation inter entreprise de PerfoEST.
Q : Quel est le référentiel utilisé ?
PB : Cette formation a été conçue par l’équipe centrale d’animation ; au départ avec un apport
extérieur par un consultant.
Q : Quelle a été l’implication des organisations syndicales ?
PB : En local, les OS ont été formés, par l’équipe DIR en 3jours. Les représentants centraux
ont été formés en région parisienne. Un représentant qui fait partie d’une équipe concernée
par exemple par un chantier, participe comme un autre opérateur. Cette formation a été bien
perçue, des critiques ont été formulées sur les applications. C’est pourquoi qu’il y a une
animation des référents par un fonctionnement en réseau. Les chantiers sont toujours menés
en binôme et des réunions d’échange ont lieu hebdomadairement. Des experts sont appelés
pour les chantiers très ciblés.
Q : Par quoi avez-vous commencé la démarche ?
PB : En priorité, c’est la formation, puis l’installation des standards et de leur vérification
d’application, puis ont été formalisés les standards de management, les agendas synchronisés,
puis les salle et zones de pilotage.
Q : Quel est l’élément qui a déclenché le changement réél ?
PB : C’est d’abord une masse critique d’équipes formées, puis c’est le maintien des ressources
d’animation et puis surtout, il faut un patron qui le veuille.
Q : Y a-t-il eu reconnaissance des nouvelles compétences acquises sur la fiche de Paie ?
PB : Pour les opérateurs, ils ont pu exprimer leurs suggestions d’amélioration générées suite à
cette démarche, et ces suggestions sont primées.
Pour l’encadrement, non, ils ont simplement constaté que les progrès réalisés permettent de
maintenir le site en fonctionnement et évitent les délocalisations, car cela se traduit par la
diminution de la VAPRF (Prix de revient de fabrication).
Q : Dernière Question : et demain ?
PB : Il faut maintenant que ces progrès en production soient intégrés dès le départ dans la
conception même des usines et produits. Cela a déjà commencé avec le maquettage « carton »
par exemple pour le chantier « Habillage Moteur », afin que les solutions choisies embarquent les
solutions optimisées.
Merci Pascal Bracq
|